Après un décès · Guide complet· 6 min de lecture

Renoncer à une succession : la démarche, les délais et ce que cela change pour vous

Pour renoncer à une succession, il suffit de remplir le formulaire Cerfa 15828 et de l'envoyer au greffe du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt, ou de passer par un notaire. Vous disposez de 4 mois de réflexion pendant lesquels personne ne peut vous obliger à choisir, et de 10 ans au maximum pour vous décider. Vous ne recevez alors rien et ne payez pas les dettes, sauf, pour un enfant ou un parent du défunt, une part des frais d’obsèques selon vos moyens.

Mis à jour le Rédaction Votre Succession11 sources citées

L’essentiel

  • La renonciation à succession par une personne majeure se fait avec le formulaire Cerfa 15828*05, adressé au tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt ou déposé chez un notaire. source
  • Pendant 4 mois après le décès, personne ne peut obliger un héritier à choisir entre accepter et renoncer ; ensuite, une sommation lui laisse 2 mois pour se décider. source
  • Sans sommation, un héritier a 10 ans maximum pour se prononcer ; passé ce délai, il est considéré comme ayant renoncé. source
  • Un héritier qui renonce est réputé n'avoir jamais hérité : il ne reçoit aucun bien et ne paie aucune dette du défunt. source
  • Les enfants d'un héritier qui renonce peuvent hériter à sa place grâce à la règle de la représentation. source
  • Les enfants et parents du défunt doivent contribuer aux frais d'obsèques si la succession ne suffit pas, même s'ils ont renoncé. source
  • Une renonciation peut être rétractée en acceptant la succession, à condition d'agir dans les 10 ans suivant le décès et qu'aucun autre héritier ne l'ait acceptée entre-temps. source

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Renoncer à une succession : de quoi parle-t-on ?

Renoncer, c'est refuser l'héritage dans sa totalité. Vous devenez étranger à la succession : pas de biens, pas de dettes.

C'est l'une des trois options ouvertes à tout héritier. Les deux autres sont l'acceptation pure et simple et l'acceptation à concurrence de l'actif net.

L'option porte sur toute la succession. Vous ne pouvez pas garder la maison et refuser les dettes.

OptionVous recevezVous payez les dettes
Acceptation pure et simpleVotre part des biensOui, à proportion de votre part, même sur vos biens personnels
Acceptation à concurrence de l'actif netVotre part des biensSeulement dans la limite de la valeur reçue
RenonciationRienNon

Pourquoi renoncer à une succession ?

Le plus souvent, parce que les dettes dépassent les biens. On peut aussi renoncer pour laisser sa part à ses propres enfants.

Une succession déficitaire peut contenir des crédits, des impôts impayés ou des frais d'hébergement en établissement. En acceptant, vous en deviendriez redevable à hauteur de votre part.

Renoncer pour transmettre à ses enfants est possible grâce à la représentation. Faites toutefois chiffrer l'effet fiscal avant de décider.

Quels sont les délais pour renoncer ?

Vous pouvez renoncer dès le décès. Personne ne peut vous presser pendant 4 mois ; au-delà, un créancier peut vous sommer de choisir sous 2 mois.

Sans décision au terme de la sommation, vous êtes considéré comme ayant accepté purement et simplement. C'est le piège principal : le silence peut vous rendre redevable des dettes.

Si personne ne vous somme, vous avez 10 ans au maximum. Après ce délai, la loi vous considère comme renonçant.

DélaiCe qu'il signifie
Dès le décèsVous pouvez renoncer immédiatement
4 moisDélai de réflexion pendant lequel personne ne peut vous contraindre
2 mois après sommationDélai pour choisir ou demander plus de temps au juge ; sinon, acceptation pure et simple
10 ansDélai maximal ; au-delà, vous êtes réputé avoir renoncé

Comment renoncer : la démarche pas à pas

Remplissez le formulaire Cerfa 15828, joignez les pièces demandées et envoyez le tout au greffe du tribunal judiciaire du dernier domicile du défunt. Vous recevez un récépissé.

Pour que la renonciation soit opposable aux créanciers, elle doit être faite avec ce formulaire. Une simple lettre au notaire ou aux créanciers ne suffit pas.

Vous pouvez aussi passer par un notaire, qui transmet ensuite une copie au tribunal. Ce service peut vous être facturé.

  • Copie intégrale de l'acte de décès.
  • Copie intégrale de votre acte de naissance de moins de 3 mois.
  • Copie recto verso de votre pièce d'identité.
  • Utile : copie de l'acte de naissance du défunt pour remplir sa partie.

Quelles sont les conséquences de la renonciation ?

Vous ne recevez rien et vous ne payez aucune dette du défunt. Votre part passe à vos enfants, s'ils existent, ou aux autres héritiers.

Vous n'avez pas de déclaration de succession à déposer. Vous pouvez envoyer une copie de votre récépissé aux créanciers qui vous relancent.

Les donations reçues du défunt de son vivant peuvent être conservées, dans certaines limites fixées par la loi. Demandez à un notaire de vérifier votre cas.

Vos enfants peuvent-ils hériter à votre place ?

Oui, grâce à la représentation, vos enfants prennent votre place dans la succession. Mais ils se retrouvent face aux mêmes dettes et doivent eux-mêmes choisir.

Si la succession est déficitaire, vos enfants devront donc choisir à leur tour : renoncer, ou accepter à concurrence de l'actif net. S'ils sont mineurs, il faut l'autorisation du juge aux affaires familiales (juge des tutelles des mineurs) avant de renoncer en leur nom.

Dans chaque ligne, le descendant le plus proche exclut le plus éloigné. La représentation ne joue jamais en faveur des parents ou grands-parents.

Renonciation, obsèques et assurance-vie

Vous pouvez renoncer tout en touchant une assurance-vie dont vous êtes bénéficiaire. En revanche, les enfants et parents restent tenus de participer aux obsèques si la succession ne suffit pas.

L'assurance-vie se transmet en dehors de la succession. La Chambre des notaires de Paris rappelle qu'on peut toucher l'assurance-vie et refuser la succession, sauf primes manifestement exagérées.

Payer les obsèques avec les fonds du défunt est un acte conservatoire : cela ne vaut pas acceptation. Ce n'est pas le cas si vous vendez un bien ou utilisez l'argent du défunt pour vous.

Ce qu'il ne faut pas faire avant de renoncer

N'effectuez aucun acte qui montre une volonté d'hériter : vendre un bien, demander le partage, occuper seul un bien, encaisser les comptes pour vous.

Ces gestes valent acceptation tacite, et la renonciation n'est alors plus possible. En cas de doute, demandez l'autorisation du juge pour les actes urgents.

  • Autorisé : payer les obsèques, les frais de dernière maladie, les impôts dus, les loyers urgents.
  • Autorisé : vendre des biens périssables, si le produit sert à payer les dettes ou est déposé chez un notaire.
  • À éviter : vendre la voiture ou des meubles du défunt.
  • À éviter : garder pour vous l'argent des comptes du défunt.

Peut-on revenir sur une renonciation ?

Oui, en acceptant la succession, à deux conditions : aucun autre héritier, ni l'État, ne doit l'avoir acceptée entre-temps, et vous devez agir dans les 10 ans du décès.

Cette possibilité joue surtout si des biens inconnus apparaissent après coup. L'acceptation, elle, est irrévocable : on ne peut pas renoncer après avoir accepté purement et simplement.

Renoncer à une succession

  1. Évaluer l'actif et les dettes

    Rassemblez relevés bancaires, crédits, impôts et factures du défunt pour savoir si la succession est déficitaire.

  2. Ne rien vendre ni encaisser

    Limitez-vous aux actes conservatoires comme le paiement des obsèques.

  3. Remplir le cerfa 15828

    Indiquez votre identité, celle du défunt et votre lien de parenté. Signez le formulaire.

  4. Joindre les pièces

    Acte de décès, votre acte de naissance de moins de 3 mois, copie de votre pièce d'identité.

  5. Envoyer au tribunal judiciaire

    Adressez le dossier au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt, ou déposez-le chez un notaire.

  6. Conserver le récépissé

    Il prouve votre renonciation auprès des créanciers. Si vous avez des enfants, prévenez-les : ils viendront à la succession à votre place.

Votre renonciation, prête à envoyer.

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Questions fréquentes

Combien coûte une renonciation à succession ?

Le formulaire Cerfa n° 15828 s'envoie au greffe du tribunal. Passer par un notaire, en revanche, peut être facturé.

Peut-on renoncer à une succession après avoir payé les obsèques ?

Oui. Payer les frais funéraires, y compris avec l'argent du défunt, est un acte conservatoire qui ne vaut pas acceptation. Vous pouvez donc encore renoncer.

Si je renonce, est-ce que mes enfants héritent des dettes ?

Vos enfants viennent à la succession à votre place et se retrouvent face au même choix. Ils doivent renoncer à leur tour, ou accepter à concurrence de l'actif net, pour ne pas payer les dettes au-delà de ce qu'ils reçoivent ; pour renoncer au nom d'un mineur, l'autorisation du juge est nécessaire.

Que se passe-t-il si tous les héritiers renoncent ?

La succession peut être déclarée vacante par le juge. Le service du Domaine peut alors être nommé curateur : il est seul compétent pour gérer et liquider l'actif et le passif de la succession.

Peut-on renoncer à une succession et toucher l'assurance-vie ?

Oui. L'assurance-vie est versée hors succession au bénéficiaire désigné. Seules des primes manifestement exagérées au regard des revenus du défunt peuvent être réintégrées.

Faut-il un notaire pour renoncer ?

Non. Le formulaire 15828 peut être envoyé directement au greffe du tribunal judiciaire. Le notaire est une alternative, pas une obligation.

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Sources

Article mis à jour le 28 octobre 2026. Information générale. Pour une situation particulière, adressez-vous à un notaire.

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